Après 6 mois…

Le 16 octobre 2015, mon congé maternité prenait fin pour laisser place à une semaine de vacances puis à ma reprise de travail le 26 octobre. Un moment que j'attendais depuis quelques jours, mais avec beaucoup d'appréhension.


Il y a encore un mois de ça, j'étais incapable de planifier quoique ce soit sans me servir de mon agenda alors accueillant des enfants sur planning, imagine le désordre que ça allait faire !Puis mi-octobre, j'ai reçu ce fameux planning et là mes automatismes, on commençait à revenir, j'allais enfin sortir de cet état léthargique dans lequel j'avais l'impression de me trouver depuis quelque temps, cette impression d'avancer à tâton. Ma vie professionnelle allait reprendre son cours.


Je ne vais pas aller jusqu'à dire que c'est vital, mais je ne peux pas rester à la maison, être mère au foyer. J'ai ce besoin de construire mes journées selon un emploi du temps bien défini, une ligne temporelle à suivre en respectant les rythmes des enfants, comme un challenge. J'aime devoir me creuser la tête (à m'en rendre folle ! ) pour trouver le meilleur timing qui correspond à tout le monde. Avec les allers / retours à la crèche pour #babyetoile, le rythme indéfini de #minnie3mois, une louloute de 17 mois, sa sœur de 4 ans à récupérer à l'école 2 à 3 fois par semaine, une amplitude horaire qui peut aller jusqu'à 11h de travail par jour, je ne te fais pas de dessin (juste parce que que je suis nulle pour ça). J'aime tellement mon métier que tout ça, je le fais avec beaucoup de plaisir, de patience et de passion. Oui bien sûr, il y a des moments où c'est, où ce sera plus difficile, des jours où je suis plus fatiguée que d'autre, des matins où le réveil sonnera alors que la nuit aura été quasi blanche, mais finalement se sera une montagne de plus à gravir. Le soir, je pourrai me coucher avec cette impression de devoir accompli. Je n'en suis pas là, ce soir, je savoure ce retour après ces 6 mois d'arrêt.

 

 

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Maintenant, je souhaite te partager un texte que j'ai écrit il y a quelque temps pour une blogueuse qui a changé de nom depuis : La casa de mama chronique. Installe, prends un café, c'est un peu long, mais il me tient à coeur.

" « Au Coin du Feu… »

Oui oui, un 15 août !
Mais ce soir de 15 août 2012, je m’ennuie.

Il y a quelque temps, je suis devenue une addicte d’une chronique pas comme les autres. Celle d’une maman qui nous fait partager ses bonheurs, ses joies, ses peines, ses combats… Alors pourquoi ne pas lui rendre la pareille en parlant d’un petit bout de moi ?

De cuisine ? J’ai horreur de ça… Mais je me soigne.
De lecture ? Ah si j’avais encore le temps…si je prenais le temps.
De ma famille ? Trop complexe…Et pis, je suis là en anonyme.
De photographie ? Ma grande passion…Mise en standby jusqu’à ce que je retrouve mon chargeur de batterie. A défaut mon téléphone n’est pas mal !
L’infographie ? Oui, il y a quelque temps, j’aurais pu parler de mes créations de faire-part et ma passion pour Photoshop et ses amis…mais non, je n'ai pas envie. e ne vois alors qu’une chose qui me prend pas mal de temps : MON METIER !

Avant et pendant…

Je suis une toute jeune assistante maternelle de 30 ans. Je réponds au prénom de Julie, mais pour les petits se sera « Nounou » et avec un « N » majuscule s’il vous plaît ! Ben oui, j’aime beaucoup cette qualification au même titre que mes 4 filleul(e)s font résonner « Marraine » à tout bout de champ. 4 ? Oui 4 ! J’aime à croire, sans prétention, que ce sont les petits qui me choisissent et non leurs parents. Un lien m’unit à eux. Un lien invisible qu’ils me rendent avec leur premier sourire édenté à mon égard. Je m’égare….

Alors oui, assistante maternelle depuis le 4 juillet 2011 pour être précise. C’est le choix d’une seconde vie. Un nouveau tournant. Crise des 30 ans ? Peut-être… Moment opportun ? Peut-être…

Mais avant, c’était une autre histoire, un autre parcours, un autre combat.

1996 : un papa trop fier pour que sa fille effectue un BEP Sanitaire et Social – 1er ratage…> réorientation.
2001 : un long stage en alternance dans une crèche – 1re victoire
2002 : une fille pas très douée pour les études, mais tentative de passage du concours d’auxiliaire de puériculture – 2e ratage
2002 : bon, j’ai quand même eu mon Bac, mon permis et mon entrée dans…. L’armée, cette année-là !! 2e victoire !
2002-2011 : et oui, militaire au sein de l’Armée de l’Air… De belles années qui se sont terminées par un échec à un concours interne (Toujours ma TRES grosse bête noire…). Donc bye-bye Julie !
Et là, il faut prendre une décision de reconversion. À bientôt 30 ans, ce n’était pas évident (oh la menteuse !). J’ai d’abord commencé par une formation –gratuite- dans une imprimerie. Belle boulette de croire en un patron peu scrupuleux. J’ai plus appris par moi-même que par son intermédiaire !

Au bout de ce semestre, j’ai pris la décision de partir loin de ma famille, de tout ce qui me rappelle mes belles années militaires. Bon pas très loin quand même, à 1h30 de route de Tours, dans la Vienne. Une autre histoire, un autre parcours, un autre combat.


En mars 2011, j’entreprends de rencontrer l’animatrice du Relais Assistante Maternelle, le plus proche de chez-moi (à 20 mns !). Un très bon accueil qui entretient mon choix. Quelques jours après, rendez-vous avec l’AS (Assistante Sociale pour les non-initiés…) du même village. Ah ben, je m’en souviens de celle-là !! « Quoi ? Vous n’avez pas d’enfant ??? Vous serez bien la première à devenir assistante maternelle dans la Vienne en n’ayant pas d’enfant ! » Punaise, j’ai cru que j’allais la pourrir sur place, mais je lui dois aussi d’avoir renforcé mon combat en lequel personne ne croyait.


Avril 2011, lettre au Conseil général puis réunion informative sur le métier. Nous étions une quinzaine (13 mamans / 2 « non-mamans » cherchez l’erreur…) toutes là pour la même chose certes, mais une chose me frappe. Toutes ces mamans veulent faire ce métier pour rester avec leurs enfants ! Pas dit ouvertement bien sûr, mais le ressentie est bien là. Où est la passion ? Le plaisir de faire ce métier ? Suis-je trop naïve ? Une des informatrices a quand même prononcé une phrase, que je m’amuse à ressortir quand le contexte le permet : « Ce n’est parce que vous êtes maman, que vous serez une bonne assistante maternelle » ET TOC ! (Qu’est-ce que ça fait du bien…!)


Dossier reçu par le CG le 19 avril 2011 ! C’est parti pour 3 mois d’attente. Durant lequel l’AS doit venir, me rendre visite et me faire passer aux aveux. Bon, j’exagère un peu, mais c’est un peu ce que l’on ressent en lisant les expériences de chacune sur les forums. J’ai essayé de me préparer comme j’ai pu, mais personne n’ose dévoiler les questions que l’on peut nous poser pendant cet entretien donc très difficile. Je crois que rester naturelle est le meilleur conseil.

Rdv pris pour le 21 juin, 13h30. Allez, j’y crois !

Cette sympathique personne est restée 3h chez moi. Ses questions sont restées très pertinentes. Tout d’abord, une petite présentation. Elle, moi. Puis des questions de mise en situation genre « si une maman arrive avec le repas pour son bébé – du cassoulet ( ???) – quelle serait ma réaction au déjeuner ? » ou « Un petit garçon de 2 ans arrive le lundi matin couvert de bleus ? » On essaie de répondre le plus naturellement possible et je vous assure que même si on connaît les réponses et ben qu’est-ce que l’on se sent bête ! Le stress n’aidant pas. Puis pour finir, visite de la maison. À ce moment-là, j’avais un château de 100m² pour moi toute seule. 2 étages et 1 rdc visités plus tard, elle n’a rien à redire. Résultat dans un mois….C’est trop long !!!

Au final, le courrier tant attendu est arrivé le 7 juillet. J’ai obtenu deux agréments pour deux enfants de 0 à 18 ans. Youhou !! J’avoue, j’ai versé quelques larmes. Mais ce n’est pas fini ! Il faut maintenant attendre d’être convoquée pour passer la première formation de 60h obligatoire avant d’exercer (sur 120h). Donc patience, ce sont les vacances. Convocation reçue le lendemain de mon départ pour la Corse, en septembre (je me suis mise en mode flemmarde pour mes dernières vacances -de toute ma vie-, de ces prochaines années, merci les amis !) et formation effectuée en octobre 2011.

C’est parti, je peux exercer !

Ni une, ni deux, annonce sur tous les sites internet que je peux trouver dont mon ami, le très cher « Bon Coin ». Pas simple de faire une annonce pas comme les autres. Arriver à faire passer le message que je ne fais pas se métier pour gagner de l’argent, mais par passion pour ces petits chérubins. Ils ont le don de m’apaiser, de me faire garder espoir dans la vie. Et pour ma part leur apporter de quoi grandir en toute sécurité, de s’amuser tout en apprenant, mais aussi les laisser, inventer, imaginer, créer un monde qui leur appartient.

Le lendemain matin du dépôt de mon annonce chez mon ami, Mr le serveur de mail (référence à Incredimail) vint me sonner et m’apporter ma toute première offre. Une maman à la recherche d’AM pour son petit lutin de 8 mois. Le rendez-vous est pris. Premier contact assez sympa et surtout, on commencera le lundi suivant donc il fallait très vite se décider.

Tout était un peu nouveau pour moi, le coté administratif comme le relationnel. Ne rien oublier. Pas trop d’inquiétude, mon organisation militaire ne mit pas beaucoup de temps à revenir ! Fin décembre, les premiers problèmes surgirent. Ça fait tôt quand même ! Premier combat… Pas simple sans communication. J’ai tenté avec des explications, mais sans résultat. Je m’accroche ! Mais non, toujours rien. Heureusement avec le petit tout se passe bien. Je le vois avec ses sourires tous les matins.


De jour en jour, d’autres problèmes sont apparus toujours concernant le coté financier. Apparemment, je suis trop exigeante et pas assez tolérante. Soit, je le sais et je le revendique, j’ai aussi, malgré tout, un loyer à payer ! Je garde quand même la tête haute pour le petit et j’essaie de le protéger de tout ça. De ces heurts quotidiens avec sa maman.





En mars 2012, n’ayant pas d’autres demandes dans ce petit village et vu les conflits, je prends la décision de revenir vers mes racines, à Tours. Je sais que ce ne sera pas simple, car seule, sans revenu à mon arrivée, je ne trouverai pas de logement facilement. Autre combat ?!

Je n’informe pas de suite les parents du petit, car je ne sais pas du tout comment vont évoluer mes recherches sur Tours. Le 15 avril, après maintes et maintes visites non-fructueuses, je tombe sur un petit bijou d’appartement qui va tout déclencher. Un Type 3 de 65m² en rdc avec jardin ! (Alors que mon château n’avait pas de jardin…). Je l’aurai celui-là ! Dossier monté avec l’aide de mes parents et réponse à suivre…

Pendant ce temps, j’informe les parents du petit. Moi, avec quelques larmes aux coins des yeux malgré tout (premier loulou, il ne faut pas l’oublier) et une maman face moi, peu réactive… Mouais, tant pis. Allez hop, on se re booste.

Il faut que je me fasse connaitre sur Tours. Mon réseau militaire s’active. 5 appels en une semaine ! Du jamais-vu chez moi ! Mais malheureusement qui ne donneront pas suite, car je n’ai pas de date d’emménagement et surtout pas encore d’adresse ! Un site internet ? En voilà une bonne idée ! 48h, plus tard, il est créé ! Oui, oui, n’oublie pas, l’Infographie… Tout est lié ! Et la magie opère grâce à notre réseau social préféré FacedeBook. Une maman me contacte pour ses deux petits garçons. Deux places à trouver, ce n’est pas simple. Elle est désespérée, mais comme elle ne travaille pas pour l’instant, elle peut m’attendre. Rendez-vous pris pour le 12 mai pour faire connaissance. Ah, mais j’oubliais, entre-temps, j’ai eu une réponse positive pour mon appartement – 3e victoire ! Rencontre assez brève et speed, mais qui pour elle s’avère positive et pour moi aussi. Les petits loups sont trop mignons et le plus grands vient de suite me faire un bisou (Que la tante présente également n’a jamais eu…). Première émotion, mais ne nous emballons pas trop vite.

Le temps passe, déménagement, organisation de l’appartement (toujours pas vraiment résolue), flicage de mon dossier d’annonce de mon arrivée au CG d’Indre et Loire, qui n’a soit disant jamais reçu mon dossier…Passons. Visite de l’AS pour confirmer mes agréments et enfin commencer à travailler !

Nous arrivons au 6 août 2012. La grande aventure commence ! Je me révèle. Les idées fusent dans mon petit cerveau pas très manuel auparavant. L’avantage avec les petits, c’est que ce ne sont pas eux qui vont critiquer mes idées, mais….. Oui, vous, Chers Parents. Je m’en fiche ! Moi, je m’éclate à leur faire faire des petites activités et surtout voir le plaisir et la fierté qu’ils ont à le faire et surtout à montrer les « œuvres » le soir à Maman (ou Papa).
Des larmes, des nouilles sur le carrelage, des bobos, des couches sales, des jouets partout, mais surtout des sourires, des câlins, des « Bravos », des éclats de rire, des gazouillis, des « tm » voilà mon quotidien, ma fierté de « non-maman ».

Qui aurait cru, il y a 10 ans, que je serai arrivée à réaliser ce que je souhaitais faire le plus au monde depuis tellement d’années, sans jamais y parvenir. À créer une de mes plus belles réalités. À partager avec eux, ces beaux moments qui font oublier les mauvais de ma vie précédente. Un métier pas toujours facile quoi que l’on puisse penser. Aujourd’hui, j’aide et je soutiens les autres assistantes maternelles. Les « anciennes » conseillent dans le relationnel et les « jeunes » dans les démarches administratives. C’est un métier qui mérite plus de reconnaissance. Il y a encore beaucoup de préjugés – souvent fondés malheureusement – et que l’on doit revaloriser.

Certes, je suis chez moi toute la journée, mais personnellement, ma journée de travail est équivalente au temps de présence des petits. Voire même plus, car je dois avoir une maison irréprochable.

Alors, mon seul coup de gueule sera juste de dire halte aux parents qui pensent que nous sommes que des baby-sitters ou que nous sommes payés à ne rien faire (ou à jouer !) ou à rester chez nous ! Pppff. Et si ce n’était que les parents qui pensaient cela ! Ce métier me plaît avec ses avantages et ses inconvénients. N’est-ce pas le plus important ?
Enfin voilà, nous sommes le 16 août 2012. Dans 9h30 exactement, des petits pieds vont raisonner sur mon parquet pour mon plus grand plaisir !

N’oubliez pas : « Fais de ta vie un rêve et d’un rêve, une réalité » A. de Saint Exupéry "

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Commentaires (2)

  1. JulieF

    Quel bel article. Cela fait 9 mois qu’avec deux autres future AM nous nous démenons afin de pouvoir ouvrir une Maison d’Assistantes Marernelles. C’est un long combat périlleux. Chaque petit pas est une victoire et je sais que dans un futur (plus ou moins proche) moi aussi j’aurai l’immense plaisir d’aider à grandir des petits loups. J’ai hâte et de voir votre parcours ça rebooste a 100%. MERCI

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    1. 1plus0egale2 (Auteur de l'article)

      Je vous souhaite plein de courage dans cette nouvelle aventure. Pour l’instant travailler en MAM ne me tente pas, peut-être un jour…

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